Le sens de la vie

Ma vie n’avait de sens que le sens que je donnais à ma vie. A la santé je lui faisais un doigt crâmant ma chandelle des deux bouts jusqu’aux feux de la nuit. L’épiderme irrité je suais par des mains que je pensais amies. De rires en sourires narquois je postillonnais la maladie. Les griffes que mon corps a tordu se sont détachées dès que le sens a pris. Le crabe en pinces éguisées sillonnait mes vaisseaux brûlant mes feux interdits.

Ma vie avait un sens que je donnais à ma vie. Au crustacé méchant je lui faisais un doigt aussi. De ma force jeunesse je brâvais ses terrains où il n’était pas admis, me sentant invincible aux armes lourdes et rayons le coupant en scie. Faut croire que ses filins s’accrochaient en toiles d’arachnides en notes do la si. Que je reprennais en coeur vibrant mes cordes à rompre jusqu’au « ça suffit ! ».

Ma vie avait-elle un sens que ce sens que je donnais à ma vie.  L’envahisseur muet à son tour me faisait son doigt aussi. Exténué maigre en chauve coupe par les alliés qui m’avaient envahis, transformèrent l’image en soupe et fantôme au traits pâles qui passe sans faire de bruit. Je voyais l’aurore claire se lever en comptant une-à-une les heures vers un midi ou un horizon si proche que l’odeur de l’arbre m’apaisait sentant venir ma fin avant minuit.

Ma vie avait un sens et ce sens je le donnais à ma vie. Il m’a quitté comme beaucoup de mes frères me lâchant la main amie, je griffais sans cimetière la terre belle où je naquis, et vis se lever un ballon sans forme rayonnant sur champs en pousses criant leur force sur un vert tapis.  Je marchais pieds nus en vainqueur comme un apôtre sombre que l’ombre assis, maigre filin, maigre forme, mais vivant d’un avenir éperdu sans fin jusqu’à l’infini.

Alors je donne à ma vie le sens que veut bien me donner la vie.

A Martine et Bleu citron

 

 

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